Une page de notre histoire.
La musique, Thomas Dutronc s’est faufilé entre ses gouttes tant bien que mal jusqu’à 17 ans. Mais à 18 ans, bac en poche et fac d’art en cours, elle lui a brusquement fondu dessus en formidables bourrasques. Pas de celles qui viennent par vent d’ouest en vagues pop ou rock, non, lui, c’est de plus loin vers l’Est: des roulottes Rom et des campements sauvages tout fumant de jazz manouche ! Une vraie conversion, doublée d’une longue, humble et patiente initiation… Bref, en quelques années de totale immersion, Thomas Dutronc ne vit plus qu’en maltraitant dans l’allégresse ses dix doigts sur les cascades de notes brûlantes jadis déversées par un Django Reinhardt aussi désinvolte qu’intouchable. Tout à la fois la proie et l’aiguillon de sa passion, il va son chemin, gagne ses galons et le respect de ses rudes pairs, tel Bireli Lagrene, qui est à Django ce que Stevie Ray Vaughan est à Jimi Hendrix!. Quand Thomas ne joue pas à perdre haleine avec ses amis manouches, il bricole des chansons avec ses copains d’enfance. Et petit à petit, les expériences acquises et les rencontres de hasard aidant, tout ça le mène vers un spectacle fait de pans de rêves éparpillés, de sketches foutraques, de bouts de ficelles incandescentes et surtout de fraternelle créativité : « Thomas Dutronc et les Esprits Manouches »… Au départ, le disque n’existait même pas à l’état de projet secret. C’est juste qu’à un moment, il faut bien faire entendre des bouts de ce qu’on mitonne aux gens que ça concerne… Et comme de bout en bout, le temps a passé, et que 75 représentations de plus en plus torrides en 2 ans l’ont comblé, ce qui n’était que grappes de samples et d’extraits est devenu le disque que voila: un camaïeu incroyablement dense d’instrumentaux bouillants et de chansons libre-songeuses, comme tombé du ciel avec une grâce d’acrobate, à la folie douce d’un artiste au faux air de jeune homme sage mais aux charmes méga frappeurs.