Une page de notre histoire.
18 OCTOBRE 2008 - 25 JANVIER 2009 Le musée Malraux du Havre, propose une importante exposition qui réunira près de 160 œuvres (dont 48 photographies) sur un nouveau thème de l’iconographie du paysage : le port. Cette manifestation abordera plus particulièrement les mutations de son image au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Le musée Malraux poursuit un travail d’investigation autour d’œuvres majeures de ses collections. Il s’agit cette année de se pencher sur deux œuvres de Pissarro, Vues du port du Havre, peintes en 1903 et acquises immédiatement à l’artiste par la Ville du Havre qui devenait alors la première collectivité à faire entrer une œuvre de Pissarro dans une collection publique française. Longtemps idéalisée, inscrite dans une tradition classique héritée de Claude Lorrain, la représentation du port évolue peu du XVIIe au XVIIIe siècle. Le développement économique au XIXe siècle s’accompagne un peu partout en France, mais aussi en Europe, de profondes mutations du monde portuaire et par le lancement de grands chantiers de modernisation, à mesure que disparaît la marine à voile. La vision des artistes change alors. L’exposition souligne les transformations de la représentation de cet univers, depuis les années 1850 jusqu’à la veille de la deuxième guerre mondiale, dans la peinture, la photographie, la sculpture et le dessin. Les années 1870 – 1920 font l’objet d’un examen plus approfondi avec les figures de Baldus, Boudin, Jongkind, Monet, Pissarro. Les incursions des pointillistes dans ce domaine seront abordées notamment à travers l’œuvre de Maximilien Luce, mais surtout la figure de Signac qui entreprend à la fin de sa vie une ambitieuse série d’aquarelles, « Les Ports de France », pour le collectionneur Gaston Lévy. Albert Marquet, est par excellence le grand peintre de ports du XXe siècle. Un ensemble conséquent de toiles évoquera la diversité des sites que l’artiste a parcouru tout au long de sa vie, de Marseille à Stockholm. Une attention particulière sera portée aux artistes du Nord de l’Europe qui, sous l’influence du réalisme et du naturalisme, interrogent, avec une rudesse dont se ressent leur production, le monde bigarré des quais hollandais ou belges. La sélection confrontera les figures puissantes des dockers sculptées par Constantin Meunier aux visions sombres et mélancoliques de Van Mieghem ou abréviatives de Spilliaert. L’appropriation décisive des nouveaux territoires portuaires structurés par de grandes lignes de force qui géométrisent le paysage a lieu avec l’avènement du cubisme. Des artistes comme André Lhote n’ont pas manqué de trouver là le prétexte à de nouvelles explorations plastiques. La photographie des ports, nous invite à comprendre comment le port forme un motif aussi intéressant que l’est alors un paysage de bord de mer traditionnel. Aux XIXe et XXe siècles, apparaît le « pictorialisme », On peut l’observer à travers l’album consacré au port de Hambourg (1908) avec des photographies de Schmidt et Kofahl ou bien dans la revue Camera Work, organe de la Photo-Sécession, menée par Stieglitz, avec des photos de l’Autrichien Heinrich Kühn ou de l’américain Alvin Langdon Coburn. Les photographes français du mouvement pictorialiste n’ont pas ignoré le motif portuaire, avec les images de Charles Lhermitte montrant La Rochelle ou Lorient, celles de Robert Demachy et Constant Puyo, chefs de file du pictorialisme français. Le port pictorialiste au seuil des années 1920 laisse place à un laboratoire de la vision avant-gardiste : Les élèves et professeurs du Bauhaus comme Florence Henri et le célèbre Lazlo Moholy Nagy, l’Américaine moderniste Germaine Krull ou son compatriote surréaliste Man Ray, sans oublier François Kollar ou Emeric Feher, tous ont fait le « voyage du transbordeur » pour exercer leur nouvelle vision. Alors qu’au XIXe siècle le port est photographié dans le cadre d’une photographie d’usage, le port des années 1930 devient alors motif et terrain de jeux pour les expérimentations Cette exposition est une collaboration des musées du Havre et de Bordeaux