Une page de notre histoire.
Alfred de Musset / Yves Beaunesne Mardi 16, mercredi 17 mars à 20h30 Lorenzaccio une pièce contre la tiédeur qui dit le sentiment d’étouffement de la jeunesse, l’espoir écrasé de tous ceux qui voudraient « faire quelque chose », ce « quelque chose » que nous cherchons tous et qui ne vieillit pas malgré le temps. Le bonheur immense de retrouver le magnifique talent artistique et la réflexion profonde d’Yves Beaunesne sur le théâtre « qui nous aide à voir une porte ou une fenêtre dans chaque mur, à choquer le présent avec les mots d’un autre temps » ! L’histoire L’action se déroule en 1537 dans la Florence des Médicis. Depuis peu, la ville a signé la paix avec Charles Quint, empereur d’Allemagne. Ce dernier, avec la complicité du pape, a remis le pouvoir entre les mains du duc Alexandre de Médicis, issu d’une des vieilles familles de la cité. Lorenzaccio, de son vrai nom Lorenzo, est entré au service d’Alexandre, qui règne en tyran sur la ville de Florence. Il a épousé ses vices et, le noble étudiant vertueux qu’il était dans sa jeunesse est devenu un courtisan dépravé. Tous ses anciens amis l’ont fui et le maudissent. Lorenzaccio ourdit en secret l’assassinat d’Alexandre, dans le but de libérer sa patrie et porter au pouvoir les républicains. Le geste de Lorenzaccio n’aura pas d’autre effet que de faire basculer le pouvoir aux mains d’un autre clan sans qu’aucun changement politique radical ne voie le jour. Lorenzo voit alors sa tête mise à prix et s’offre lui-même au couteau de ses assassins. Note d’intention extrait C’est l’histoire d’un jeune homme acharné à montrer que le destin peut échapper à ce moule dans lequel on aurait versé le contenu de deux cruches appelées Hérédité et Milieu. C’est l’histoire d’un jeune homme qui prend conscience que sa vie est aussi vide qu’un studio non meublé et ça le rend fou. (…) Chaque nuit, il joue aux nuages et à la pluie, son désir pressé, il trimballe sa silhouette en feu et ses troupeaux de rage. Il n’a pas le temps d’attendre le beau temps, il est dans la fureur de bouger, aucune de ses heures ne comporte le même nombre de secondes, il a hérité le chaos entre lui et les autres – le papier ne peut pas envelopper la braise. (…) Musset ne prétend pas décrire un monde juste ni faire l’apologie du meurtre, au contraire : il raconte la recherche éperdue d’un bout de lumière, et à quoi peut mener cette recherche quand elle est poussée vers la folie par la gangue des enfermements et par une revendication d’un moi isolé de tous, refusant tout compromis et toute parole venue d’ailleurs. La modernité de Lorenzaccio est dans le renoncement de la possibilité d’avoir un alibi. Car c’est toute une société qui ment, une société qui n’irrigue plus le sang de l’évolution, et le sort de chacun est lié au sort de tous même si les individus prétendent jouer une partition solo. Chaque tête est donc double : faire prévaloir son idée de Florence en même temps que son idée de bonheur. (…) Yves Beaunesne Yves Beaunesne metteur en scène Licencié en droit et agrégé de lettres, il se forme à l’INSAS de Bruxelles et CNSAD de Paris. Depuis 1995, le parcours artistique d’Yves Beaunesne est riche de nombreuses créations. Il monte Peter Hacks, John Ford, Paul Claudel…ainsi que Verdi, Offenbach et Mozart pour l’opéra. Il enseigne actuellement au CNSAD de Paris et à l’Ecole Professionnelle Supérieure d’Art Dramatique de Lille.