Une page de notre histoire.
La guerre est finie, qu’est-ce qu’on fait ? titre provisoire Gianina Cãrbunariu / Christian Benedetti Mercredi 24, jeudi 25, vendredi 26 février à 20h30 Compagnonnage scénique entre la jeune dramaturge roumaine Gianina Cãrbunariu et le metteur en scène Christian Benedetti, collaboration fructueuse pour dire notre aveuglement béat devant un monde aux rives marécageuses, aux scléroses idéologiques… et comme toujours chez ces deux-là avec une tonicité corrosive qui oscille entre vitriol, gravité et rire cynique ! En temps de paix, les citoyens des grandes puissances démocratiques se ruent sur ce qui va leur permettre de s’extirper de leur quotidien, le divertissement. Le divertissement n’est pas un corollaire de la précarité de pensée, mais il participe de ses origines en ce qu’il est un organe du pouvoir. Lorsque maintenant nous nous projetons dans un temps de guerre, temps où le changement abrupt des règles confronte l’individu à l’obligation de s’adapter à une situation contre nature (l’occupation, l’incarcération), nous sommes face à une recherche du divertissement qui s’apparente aux plus grandes quêtes en ce qu’elle est fondatrice du fait d’être humain. Nous avons perdu le sens tragique de l’humain, nous nous attachons à le regarder. La conscience qu’a le citoyen d’un pays démocratique de sa condition non comme un état de fait mais comme un sursis, le pousse à lutter pour servir un ordre nouveau. Nos luttes sont devenues des combats et le bonheur commun s’est transformé en bien être individuel. Quelles réponses naissent de cet écart entre ce que la société voudrait véhiculer de l’homme en pareille situation et ce qu’il peut être effectivement ? Nous avons le devoir de créer un nouveau théâtre de l’humanité sinon la folie sociale créera un nouveau théâtre de la banalité et de la barbarie. Avec La Guerre est finie, qu’est-ce qu’on fait ? l’unité de temps évoque l’idée d’un simple mur de papier. Un mur qui pourrait être déchiré, sans prévenir, à tout moment. Dans La guerre est finie qu’est ce qu’on fait ?, la guerre en Irak n’est mentionnée que comme prétexte, de façon presque anecdotique, parce qu’on ne peut pas se mesurer avec des gens qui l’ont vécue dans leur propre corps et qui savent mieux que vous de quoi il retourne. Il ne s’agit pas de rendre compte d’une situation historique, même si elle joue un rôle central, la violence émotionnelle est bien plus fortement au centre de la pièce que la violence physique. C’est ce qui rend la pièce plus menaçante pour le spectateur. On sait ou l’on pressent de quoi il s’agit dans La Guerre est finie, qu’est-ce qu’on fait ?, même si rien de précis ne se concrétise. En tant que metteur en scène, je suis ému par le savoir-faire et la maîtrise d’un aussi jeune écrivain. Pour moi, Gianina Cãrbunariu est comme un journal, elle m’informe et me tient éveillé. Christian Benedetti Christian Benedetti comédien, metteur en scène Formé au CNR de Marseille puis CNSAD de Paris, Christian Benedetti réalise plusieurs voyages d’études à Moscou chez O. Tabakov et A. Vassiliev, à Budapest au Théâtre Katona Josef et à Prague chez O. Krejca. Comédien, il joue au théâtre, au cinéma et à la télévision sous la direction de nombreux metteurs en scène. Il ouvre le Théâtre Studio d’Alfortville en 1997. Il met en scène Sauvés d’Edward Bond. Il s’ensuivra une collaboration artistique et amicale. Il travaille en Roumanie, en Serbie et au Montenegro où il obtient le prix spécial de la mise en scène. Il enseigne actuellement au Centre National des Arts du Cirque.