Une page de notre histoire.
Anton Tchekhov / Philippe Adrien Jeudi 22 avril à 20h30 « Le toucher Tchekhov » Philippe Adrien met en scène Tchekhov avec le juste dosage de respect et de fulgurante modernité. Vaine est la vie sans amour, vaine est la vie sans joie ! Ivanov est un jeune bourgeois endetté, gérant les terres des paysans. Un homme mélancolique qui connait sa faiblesse mais ne peut l’enrayer. Grand amoureux d’Anna Petrovna, une femme juive, il la délaisse dorénavant sans savoir pourquoi (…). Ivanov explique avec limpidité son état mental, sa perte de repères, sa dépression. Il est inadapté au monde tel qu’il est (…). Les êtres qui peuvent réussir sont les Borkine, les commerçants et investisseurs prêts à manier toutes les ficelles pour s’enrichir ! La presse Souhaitant rendre à Tchekhov sa vérité, sa simplicité et sa vigueur en français, Philippe Adrien a retraduit Ivanov en compagnie de Vladimir Ant et en propose une très belle mise en scène. Dans un beau décor brumeux et cendré, aux matières et aux teintes harmonieuses qui fait naître de superbes tableaux, Philippe Adrien met en scène avec une remarquable maîtrise la mélancolie de cet antihéros errant dans une société bouffonnement tragique où règnent la cupidité et le calcul, les ragots et combines, les insultes et la médisance. Il réussit là où Tchekhov déplorait toujours que ses metteurs en scène échouent, en faisant naître le rire aux pires moments du drame. Beau parce qu’unifié dans ses propositions, juste par l’efficacité de la traduction revisitée du texte, ce spectacle est hautement abouti. Catherine Robert / La Terrasse Ivanov, propriétaire terrien en ruine, intellectuel et dépressif, est joué ici comme une sorte d’Hamlet au désir épuisé. C’est un solitaire égaré dans une humanité minée par la vodka et l’ennui, occupée de divertissements ridicules. Tout un monde antisémite, égoïste et rapace. La mise en scène joue des ombres et des lumières, des ralentis fantomatiques, et dessine une mascarade funèbre qui nous plonge dans un univers à la Daumier ou à la Ensor. La traduction, truculente et pleine d’esprit, a une réelle efficacité comique. Une farce grinçante. Télérama