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ARCHIVE · ÉVÉNEMENT PASSÉ

Exposition Cadavres exquis

VERNON · Musée/Patrimoine

Cet événement appartient aux archives. Il ne constitue pas une annonce de sortie à venir.
Exposition Cadavres exquis — visuel historique
À PROPOS DE CET ÉVÉNEMENT

Une page de notre histoire.

Oeuvres d'Ulrike Vidalain En ouvrant ses portes à l’art contemporain, le musée de Vernon affirme l’ambition de laisser pénétrer en ses murs les interrogations portées par notre société. C’est ce désir de susciter le questionnement sur notre être, de prendre du recul sur nos pratiques et notre quotidien, de nous laisser aller à la réflexion et non plus seulement à l’action qui nous a conduit à proposer à Ulrike Vidalain une carte blanche pour investir les espaces du musée. « C’est la meilleure part de la beauté que celle qu’un tableau ne peut exprimer » écrivait Francis Bacon. C’est à cette beauté invisible, à celle qui fait le sens de la vie et sa richesse, qu’Ulrike Vidalain nous rappelle. Artiste, elle regarde là où nous tous ne portons pas toujours notre regard ; Ulrike Vidalain s’intéresse à la beauté du monde tel qu’il est. Sans complaisance ni artifices, il s’agit de porter notre condition de vivants pris dans le cycle du devenir, d’assumer cette vérité pour mieux vivre chaque instant. Ce bonheur d’être au monde transparait dans chacune de ses œuvres. Pourtant, derrière la séduction esthétique immédiate, c’est l’insoutenable légèreté de l’être de notre société que questionne l’artiste. L’image séduit pour mieux nous prendre et nous surprendre. Devant l’érosion des valeurs spirituelles, dans une société de l’instantanéité et dans un engrenage temporel qui ne nous permet plus de prendre conscience de notre être, l’artiste réaffirme le questionnement sur l’être et le devenir comme primordiaux. Si la vie est plus que jamais faite de ruptures, de deuils et de transitions, paradoxalement le tissu social et familial qui permettait de les franchir n’est plus. Face à ce constat, l’artiste se fait passeur. Ulrike Vidalain retravaille l’idée des cadavres exquis surréalistes – jeu consistant à composer des poèmes ou des dessins à plusieurs, chacun inscrivant un mot ou un motif sur un papier plié à l’insu des autres participants – pour en retenir le principe de la pliure : plier pour reprendre, recommencer, recoudre les morceaux, panser les plaies, après avoir tourné la page. Elle nous propose de concentrer notre attention sur ce qu’il reste de notre passé et de ce qui nous a constitué, reliques profanes dans un monde désacralisé, pour en faire un nouveau point de départ, nous en emparer et l’englober dans une nouvelle strate sémantique ou création esthétique. Réintégrer ce qu’il reste dans le cycle de la vie, reconnaitre la préciosité de ce qui n’est plus en lui redonnant présence, tel est le propos. Poignent dans son œuvre toujours en même temps la force d’un élan vital et la fragilité essentielle de notre être, c’est de cette présence contradictoire qui est celle de la vie qu’émane la poésie de son art. Ulrike Vidalain crée comme elle pense en levant les barrières entre techniques et disciplines, en croisant les références et les matériaux. Résolument moderne sa pratique artistique reste profondément ancrée dans la tradition par les interrogations qu’elle soulève et les références culturelles qu’elle mobilise. Le résultat : un art cinesthésique qui en appelle au regard, à l’ouïe, au toucher, un art qui demande une implication du corps, un engagement de ce dernier dans le dialogue et la réception de l’œuvre et ne saurait se satisfaire d’une contemplation intellectuelle.