Une page de notre histoire.
Bien sûr qu’ il faut sans cesse relire l’oeuvre la plus célèbre de Beckett car elle demeure aussi la plus énigmatique. Le miracle de cette pièce improbable où sa qualité de vérité universelle permet toutes les exploitations possibles, du grand dépouillement à l’interprétation trop touffue, n’est-il pas du côté de l’illusion contre la sidération du vide, d’une humilité opiniâtre des comportements face à l’incompréhension des grands systèmes qui nous gouvernent ? Il semblerait que René Chéneaux se soit posé des questions très justes pour aboutir à ce Godot si clair, efficace, résolu, sans pour autant éviter les grands enjeux du texte. Curieusement, car l’on pourrait croire que Godot est « évidemment » ennuyeux pour certains publics, la fraîcheur de sa mise en scène touche et convainc, du connaisseur le plus exigeant à l’adolescent au regard neuf. Qu’en dites-vous ?