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ARCHIVE · ÉVÉNEMENT PASSÉ

Domestik life

SOTTEVILLE LES ROUEN · Exposition/Art

Cet événement appartient aux archives. Il ne constitue pas une annonce de sortie à venir.
Domestik life — visuel historique
À PROPOS DE CET ÉVÉNEMENT

Une page de notre histoire.

C’est un univers très affirmé que Laurent Martin dévoile dans Domestik life. Les meubles de Laurent Martin ne sont pas ordinaires, il se les ré-approprie et les détourne pour leur une allure singulière. Ses installations, ou mises en scène, apparaissent comme des décors familiers et facétieux sinon oppressants, du buffet de cuisine déstructuré à l’horloge déhanchée, comme au beau milieu d’un cartoon. Les proportions sont rompues, les échelles fracturées, les couleurs saturées, les repères sont ainsi malmenés. Voilà pour le visible, une esthétique du mobilier gagnée par le merveilleux. Le pragmatisme du meuble populaire et rustique est rejoint par le lyrisme d’Alice au pays des merveilles. La vocation fonctionnelle du meuble est mise à mal par tant de contresens qui sont des allégories de l’innocence. La comparaison avec les décors du conte de Lewis Carroll est manifeste, teintés par le surréalisme de Salvador Dali et ses objets dégoulinants. Laurent Martin accorde une importance à la scénographie qu’il souhaite inquiétante et ludique, dans l’idée d’un dessin animé. Le regard de l’enfance se trouve court-circuité par les névroses de l’adulte, son passif et ses réminiscences réprimées. C’est l’évocation de la déformation du paysage infantile, les peurs et les souvenirs que rencontrent l’expérience. Le mobilier, héritage et témoin du passé, ce passé qui se dérobe et laisse place à des images fabulées, des interprétations, dans le prisme du vécu. D’où ce rapport aux dimensions et à la déstructuration. De ces objets, tantôt superposés, tantôt courbés, a priori inanimés, émanent la vie, celles des histoires qu’ils racontent et de leurs protagonistes. Incarnés, ils sem- blent respirer. Il y a là donc du sensible. En vertu de la thématique design, à la lisière du dessin animé et de la physique quantique, le plasticien manipule les matières en autodidacte et use d’une spontanéité technique pour mener à bien son œuvre. Il cherche symboliquement la dématérialisation du sentiment de domination, du grand, de ces éléments dressés face au regard du spectateur, l’enfant puis l’adulte. Hélène Martinez